Chambre façade Caron de Beaumarchais

L’Hôtel Caron de Beaumarchais. Son décor, l’art de vivre à Paris au XVIIIème siècle

Ouvert en Mars 1993, l’hôtel s’est voulu un hommage à Beaumarchais (1732 – 1799) et à son époque. La recherche d’œuvres et de documents authentiques et significatifs a dirigé toute l’évolution de l’hôtel et son décor.

La découverte, pendant les travaux, d’une première édition du Mariage de Figaro, la pièce la plus célèbre de Beaumarchais, a conduit le premier décor des chambres. La reliure du livre en mauvais état a permis de séparer les pages et de les intégrer pour chaque chambre dans des encadrements en forme de pêle-mêle parmi des lettres manuscrites, des gravures de livres, des actes notariés, tout un lot de documents originaux du XVIIIème siècle acheté à un marchand de papiers anciens de Lyon.

Au fur et à mesure des années, des œuvres originales, en majeure partie des meubles et des objets du XVIIIème siècle ont complété le décor. Plus de 15 ans de recherche sans d’ailleurs vraiment chercher. La table à jeu, le piano-forte, la harpe, la sculpture, le lustre de la réception, les deux lanternes des baies vitrées…, les pièces les plus significatives se sont trouvées face à nous, évidentes. Au hasard de promenades, elles se sont imposées d’elles-mêmes : la table à jeu dans la vitrine d’un antiquaire près de l’Hôtel Drouot, quelques œuvres au Marché aux Puces, et la plupart à Paris, dans le quartier, le Marais, le Marché Saint Paul ou l’Ile Saint-Louis.

Deux rénovations de l’Hôtel Caron de Beaumarchais ont été deux moments importants, catalyseurs. Celle de 2004-2005 voit le renouvellement du décor des chambres et celle de 2008, qui donnera lieu à d’importants travaux de toiture et de peinture, est celle de la rénovation de tout le décor du salon. Deux dates importantes qui à chaque fois amènent une réflexion et stimulent la découverte d’œuvres nouvelles.

Dès 2004, dans les chambres, accompagnant le renouveau de tous les tissus d’ameublement et de la moquette, ce sont des lustres et des miroirs mais aussi des secrétaires, des bureaux de pentes, des « Bonheurs du Jour », antiquités qui métamorphosent le décor des chambres.

Et c’est le choix du tissu qui meublera en 2008 la réception, une moire à décor de roses en rinceaux, qui est la seconde étape importante. Ce tissu imprimé d’après un document original Louis XV, contraste avec le tissu précédent (un tissu broché en rayure Louis XVI) et amène une seconde métamorphose. On remonte en chronologie à l’époque Louis XV. Un contexte plus joyeux, plus frais, plus coloré dans l’histoire de l’art. Un contexte, où dans les arts, les femmes imposent leur goût, les favorites du roi, Madame de Pompadour pendant tout le règne de Louis XV ; c’est son portrait qui introduit le site internet de l’hôtel depuis 2005. Une période heureuse où Paris va donner le ton au monde entier et consacrer l’art français comme référence incontournable du bon goût, de l’art de vivre, jusqu’à nos jours.

Un décor plus libre, plus osé dans les rapports des formes et des couleurs. 15 ans d’expériences pour se permettre les audaces et les libertés du style Louis XV.

Qu’est-ce qu’un décor ? C’est là toute la question. L’acquisition des pièces d’antiquité nous a donné une réponse : ce sont les œuvres qui s’imposent, qui viennent à nous, comme j’essaie de le dire un peu plus haut. Ces oeuvres s’imposent aux lieux qui les reçoivent, créent les relations, font le décor. C’est tout le contraire de la décoration qui met en place des objets, du mobilier, des œuvres d’art à partir d’un plan d’architecture, selon un schéma préconçu. J’ai cherché tout autre chose : suggérer un ensemble par la présence significative de belles choses, c’est-à-dire des objets, mobiliers ou tableaux forts et suggestifs, des objets à même d’attirer à eux seuls, d’abord, le regard et de créer des relations. Ce que les italiens appellent ambiente, un terme intraduisible et que le mot « ambiance » ne suffit pas à décrire.

Cette atmosphère, ces confrontations, c’est cela un décor. Un décor qui s’éloigne de la décoration : une mise en relation sensible d’œuvres et d’objets à travers le temps et non plus une simple mise en scène pour le plaisir des yeux.

Des oeuvres replacées dans un contexte comme une forme de cohérence, – en l’occurrence ici, Beaumarchais, le Marais, le XVIIIème siècle et l’art français-, nous parlent ainsi mieux du passé. Elles nous en parlent au présent, nous font mieux sentir ce qu’est Paris et la culture de notre pays, ce que, notamment, le XVIIIème siècle nous a apporté, ce qu’il nous dit aujourd’hui.

Ce passé n’est pas totalement passé s’il nous enrichit et nous rend plus inventif. C’est en ce sens qu’un décor peut devenir une expérience de vie. Et c’est toute l’ambition de cet hôtel, en plus du confort et du bien être, que de communiquer ce sentiment et cette expérience à ses clients, français et étrangers, pour accompagner leur séjour. Introduire leur séjour à l’art et à la culture français, à cet art de vivre né à Paris au 18ème siècle.